Analyse Jungienne

Qu'est-ce que l'individuation ?

L’individuation est un but : devenir plus pleinement soi-même. C’est le concept central de la psychologie jungienne, et il désigne le travail de toute une vie qui consiste à rendre conscient l’inconscient, afin qu’une personne vive à partir de ce qu’elle est réellement plutôt que de ce que son environnement exigeait d’elle. L’instrument de ce travail est l’analyse. Il ne s’agit pas de perfection, ni d’une destination à laquelle on arrive : c’est une direction, l’intégration progressive de ce qui appartient en propre à une personne dans une manière d’être authentique.

Rendre conscient l’inconscient

Le mécanisme est simple à énoncer et long à vivre. Une grande part de ce qui gouverne une vie n’est pas accessible à celui qui la vit : le schéma hérité, le complexe, la réaction qui arrive avant la pensée. Tant que cela reste inconscient, ce n’est pas choisi : c’est répété. L’analyse amène ce matériel au jour par les rêves, les symptômes, les répétitions et la relation avec l’analyste, jusqu’à ce que ce qui était agi à son insu puisse être reconnu, ressenti et intégré. L’individuation est le résultat cumulé de ce mouvement : non pas une personne purifiée de son inconscient, mais une personne moins gouvernée par lui, et davantage capable d’agir depuis un centre qu’elle connaît.

Devenir qui vous êtes

À un moment donné (souvent au milieu de la vie, lors de la crise de la quarantaine) une question différente surgit : qui suis-je, sous toutes les adaptations ?

« La pire chose, c’est d’arriver à la fin de sa vie et de réaliser qu’on a passé toute sa vie avec un inconnu, quelqu’un qui était soi, mais qu’on n’a jamais vraiment connu. »

Philippe Jacquet

Ce que l’individuation n’est pas

L’individuation n’est pas de l’auto-absorption ou un retrait du monde. Elle signifie s’engager dans le monde depuis un centre de plus en plus authentique.

L’orientation prospective

L’analyse jungienne lit les symptômes, les rêves et les schémas non seulement comme des preuves du passé, mais comme des signaux de ce que la psyché cherche à devenir.


Prendre rendez-vous avec Philippe Jacquet, psychothérapeute et analyste jungien, Londres.

L’individuation est l’un des concepts les plus importants et les plus mal compris de Carl Jung. On la décrit souvent comme un processus de réalisation de soi ou de totalisation, ce qui est juste jusqu’à un certain point, mais tend à la faire paraître plus confortable qu’elle ne l’est.

Jung comprenait l’individuation comme la tâche centrale de la vie psychologique : le processus graduel par lequel une personne devient plus pleinement et distinctement elle-même, non pas le soi construit pour répondre aux exigences extérieures, mais le soi qui existe sous le persona, les rôles, les adaptations.

Ce que l’individuation n’est pas

Ce n’est pas du développement personnel au sens conventionnel, devenir plus productif, plus agréable, plus performant. Ces projets sont organisés autour d’une image idéale de ce que l’on devrait être. L’individuation se déplace dans une direction différente : vers ce que l’on est réellement.

Ce n’est pas de l’individualisme. Le processus d’individuation implique un approfondissement de la relation avec l’inconscient, qui nous relie à ce qui est universel dans l’expérience humaine, pas seulement à ce qui est personnel.

Ce n’est pas quelque chose qui peut être achevé. L’individuation est un processus de toute une vie.

La structure du processus

Jung décrivait la psyché comme composée de plusieurs éléments : le persona (le visage que nous présentons au monde), le moi (le sens conscient de soi), l’Ombre (les dimensions inconscientes non reconnues), l’anima ou l’animus (la dimension contrasexuelle), et le Soi, le centre organisateur de toute la personnalité.

L’individuation implique une rencontre progressive avec chacune de ces dimensions. Elle commence généralement par une confrontation avec le persona, la réalisation que l’identité que nous avons vécue n’est pas tout a fait la notre. Cela peut arriver comme une crise : une dépression, une rupture relationnelle, un échec professionnel, un sentiment de vide qui surgit malgré un succès apparent.

L’individuation et la seconde moitié de la vie

Jung observait que le processus d’individuation tend à devenir plus pressant au mitan de la vie. La première moitié est largement consacrée à s’établir dans le monde. Mais les exigences psychologiques de la seconde moitié sont différentes. Les structures qui ont servi la première moitié commencent à sembler moins adéquates. Les questions sur le sens, sur ce qui n’a pas été vécu, deviennent plus insistantes.

C’est pourquoi tant de personnes arrivent en thérapie entre la fin de la trentaine et la cinquantaine avec une version du même constat : J’ai construit la vie que j’étais censé construire. Pourquoi cela semble-t-il faux ? Le processus d’individuation ne respecte pas les mesures conventionnelles du succès.

Le rôle des rêves

Jung accordait une importance considérable aux rêves dans le processus d’individuation. Les rêves, dans la perspective jungienne, sont des communications de l’inconscient sur l’état du processus d’individuation. Travailler avec les rêves au fil du temps offre une sorte d’enregistrement longitudinal de la vie intérieure.

L’individuation et la thérapie

L’analyse jungienne est spécifiquement orientée vers le processus d’individuation. Elle est concernée par le soutien du mouvement vers un sens de soi plus authentique et différencié.

Le Dr Philippe Jacquet accompagne ce travail d’individuation depuis plus de vingt-cinq ans, en ligne par vidéo sécurisée (en français comme en anglais) et à Londres. Où que vous viviez, si ces questions vous habitent, une première consultation confidentielle permet d’en parler : vous pouvez l’organiser ici.

Le moment où l’individuation cesse d’être théorique : la crise de la cinquantaine.

Philippe Jacquet est psychothérapeute et analyste jungien basé à Londres avec plus de 25 ans d'expérience clinique. En savoir plus sur ce service →