La finance : la cage dorée

Réflexion

La finance : la cage dorée

5 June 2026 14 min de lecture

Peu de cages sont aussi confortables, et aussi difficiles à quitter, qu’une carrière dans la finance. De l’extérieur, c’est l’image même de la réussite. De l’intérieur, beaucoup de ceux qui l’ont bâtie décrivent quelque chose de plus discret et de plus troublant : le sentiment d’être prisonnier de la vie même qu’ils ont tant travaillé à créer.

L’alchimiste moderne

Carl Jung a consacré les dernières décennies de sa vie à l’étude de l’alchimie, et il en a conclu que les alchimistes ne cherchaient jamais vraiment à transformer le plomb en or. Ils projetaient une quête intérieure, un désir de transformation, sur la matière qu’ils avaient sous les yeux. L’or qu’ils cherchaient était psychique : la plénitude, le sens, un soi devenu entier.

La finance a ses propres alchimistes. Le quant en quête du modèle parfait, le trader à la recherche de la formule qui imprime l’argent à coup sûr, le banquier persuadé que la prochaine opération, le prochain bonus, la prochaine structure livrera enfin la chose. C’est la même quête ancienne en habit moderne : la recherche de la formule qui change l’effort en or. Et comme les alchimistes, beaucoup découvrent que l’or lui-même n’était pas tout à fait le but, sans pour autant parvenir à cesser de le poursuivre.

Les alchimistes se sont multipliés

Ce fut longtemps une profession restreinte. Ce n’est plus le cas.

Le quant et son modèle sont désormais très bien accompagnés : le particulier avec son système de trading, le détenteur de crypto qui attend le cycle, celui qui vend une formation sur la manière de vendre des formations, l’influenceur qui convertit l’attention en revenu, le fondateur dont le produit est une méthode pour gagner de l’argent. Des vocabulaires différents, une seule structure. Chacun cherche la formule qui transmute l’effort en or, et chacun croit que cette formule existe et qu’on peut la trouver.

C’est exactement la position alchimique. Non pas la cupidité, bien plus simple et bien moins intéressante. La conviction qu’il existe un secret, que d’autres le détiennent, et que le posséder changerait ce que l’on est.

Le signe se lit aux deux extrémités. Quand la formule échoue, la recherche ne s’arrête pas : elle passe à la formule suivante, puis à la suivante, la certitude intacte et la méthode seule remplacée. Et quand elle réussit, ce qui arrive pour certains, l’or vient sans apporter ce pour quoi on le cherchait, de sorte que la quête se poursuit malgré tout, désormais avec de l’argent.

La version moderne comporte un tour supplémentaire que les alchimistes médiévaux n’ont jamais réussi. Beaucoup ont découvert qu’il est plus fiable de vendre la pierre que de la trouver : de gagner sa vie en enseignant la formule à ceux qui cherchent encore. C’est une activité réelle et elle fonctionne, et elle signifie aussi qu’une personne peut passer dix ans à vendre une transformation qu’elle n’a pas elle-même traversée. Il est difficile d’imaginer position plus solitaire, et j’en reçois.

Rien de tout cela ne vise l’ambition, qui n’est pas un problème. Elle le devient au moment où elle cesse d’être choisie, et j’ai écrit sur ce seuil dans la personnalité addictive.

Abondance, manifestation, et où atterrit la projection

Les alchimistes les plus littéraux d’aujourd’hui ne sont pas dans la finance. Ce sont ceux qui pratiquent l’abondance et la manifestation.

Cela mérite d’être pris au sérieux plutôt que moqué, et c’est Jung qui en donne la raison. Tout son propos sur les alchimistes était qu’ils n’étaient pas des naïfs abusés : ils étaient engagés dans un véritable processus psychologique, une transformation réelle, qu’ils croyaient à tort se produire dans la cornue posée devant eux. La transmutation avait bien lieu. Ils l’avaient simplement située au mauvais endroit.

La manifestation opère exactement le même geste, avec une pureté remarquable. Elle pressent justement que l’état intérieur compte, que l’attention façonne une vie, que ce qu’une personne croit d’elle-même a des conséquences. Tout cela se défend. Puis elle prend ce processus intérieur et lui réclame un résultat matériel, dans un délai donné, libellé en argent. L’or doit apparaître sur le compte, faute de quoi le travail est jugé raté.

C’est l’erreur d’origine, répétée à l’identique. Non pas la croyance en la transformation, qui est solide, mais l’exigence que la transformation fasse ses preuves en produisant de l’or.

Il y a une raison clinique de s’en soucier plutôt que de simplement en douter. La doctrine contient une boucle fermée : si l’abondance n’arrive pas, l’explication proposée est que vous n’avez pas cru correctement, qu’un reste de manque en vous l’a repoussée. La faute revient toujours à l’état intérieur du pratiquant, jamais à la méthode. Cette structure est indémontrable et produit de façon fiable de la honte chez des personnes déjà en difficulté.

C’est la même structure que de dire à une personne dépendante qu’il lui faut plus de volonté. Les deux situent la faute chez celui qui souffre, les deux sont infalsifiables, et les deux laissent la personne plus honteuse et pas plus avancée.

Rien de cela ne signifie qu’une disposition positive ne compte pour rien. Elle compte manifestement. L’attente façonne ce qu’une personne remarque, ce qu’elle tente, la manière dont elle se relève d’un échec, et si elle entre dans une pièce en pensant qu’elle a peut-être sa place. Quiconque a exercé cliniquement a vu cela modifier des trajectoires.

Mais cela les modifie par ce que la personne fait ensuite. Les seules personnes qui frappent à votre porte sans y avoir été invitées sont les huissiers et les démarcheurs. Aucun employeur n’a jamais frappé à la porte de personne. L’entretien a lieu parce qu’une lettre a été envoyée. Le client arrive parce que quelque chose a été construit et que quelqu’un en a été informé. Le déplacement intérieur est réel et il ne suffit pas, car il agit en rendant l’action possible, non en la remplaçant.

C’est d’ailleurs ce que Jung entendait. L’individuation n’est pas une pratique de visualisation. C’est un engagement long, exigeant et largement peu spectaculaire avec une vie réelle, y compris avec ce que l’on préférerait ne pas regarder. Personne, dans ce qu’il en décrit, ne se transforme en restant assis à espérer.

La formulation la plus juste de tout cet argument, dite simplement : le travail vous amène à l’endroit où la chance peut vous trouver. La chance existe, et presque toute carrière conséquente en contient une part que la personne n’a pas organisée. Mais elle arrive à une adresse, et c’est le travail qui vous y installe.

Quand votre humeur est votre P&L

Dans peu de métiers l’état émotionnel d’une personne est aussi directement soudé à un chiffre. Dans la salle de marché, l’argent se comporte comme une énergie. Quand le P&L est au vert, il y a une élévation presque chimique, une inflation du moi, aussitôt assombrie par la peur qu’elle ne tienne pas. Quand il est au rouge, la déflation est tout aussi physique : à plat, diminué, comme si sa propre valeur avait été dévaluée avec la position. Vivre ainsi, c’est être réévalué, chaque jour, par un chiffre qui ne se soucie pas de vous. C’est grisant, c’est épuisant, et au fil des années cela soude sans bruit le sentiment de qui l’on est à un nombre sur un écran.

L’inflation et l’effroi

Jung avait un mot pour l’état de celui qui s’identifie à quelque chose de plus grand que lui : l’inflation. La bonne année, le bonus exceptionnel, peuvent gonfler le moi, et plus l’inflation est haute, plus grande est la peur de la chute. Sous l’assurance se tient souvent un effroi persistant : que cela ne puisse pas durer, que la série s’arrête, qu’on soit démasqué, que la formule cesse de fonctionner. Une réussite payée à ce prix ne procure pas un sentiment de sécurité. Elle ressemble à une hauteur d’où l’on pourrait tomber.

La cage dorée

Beaucoup, dans la finance, parviennent ainsi à une étrange impasse. Ils ne trouvent plus grand sens à leur travail. Si on le leur demandait honnêtement, ils aimeraient faire autre chose. Mais ils ne le peuvent pas, car toute une vie a été bâtie sur un niveau de revenus que seule la finance verse. La maison, les écoles, le train de vie, les obligations : tout repose sur un salaire qui ne se gagne presque nulle part ailleurs. Le succès est devenu une paire de menottes, magnifiquement ouvragées, en or. La cage est réelle, elle est confortable, et elle reste une cage.

Une angoisse que l’argent ne résout pas

Il vaut la peine de le nommer, car cela surprend ceux qui supposent l’inverse.

L’angoisse liée à l’argent ne suit pas le montant dont on dispose. J’ai reçu des personnes très fortunées qui portent une frayeur financière que l’on comprendrait mieux chez quelqu’un qui n’a rien, et cette frayeur ne se lève pas quand la situation s’améliore. Le bonus tombe, le soulagement dure quinze jours, et l’angoisse revient exactement au même volume, rattachée à un chiffre plus élevé.

C’est l’observation cliniquement utile. Un souci financier réaliste répond aux faits : le solde monte, l’inquiétude baisse. L’angoisse liée à l’argent, non, et cette absence de réponse est la preuve qu’il n’a jamais vraiment été question d’argent. Elle est rattachée à autre chose que l’argent a été chargé de porter.

D’où le déplacement permanent de la cible. Il existe toujours un montant qui réglerait enfin la question, il est toujours un peu supérieur à celui d’aujourd’hui, et on ne l’atteint jamais, parce que l’atteindre ne fait pas ce qu’il était censé faire.

Où commence le traumatisme financier

Demandez où cela a commencé et, avec une régularité frappante, la réponse est l’enfance.

Une famille qui a tout perdu. L’entreprise d’un père qui s’effondre, et l’atmosphère de la maison ensuite. Un parent qui se servait de l’argent pour contrôler, ou qui le retenait comme punition, de sorte que demander quoi que ce soit devenait dangereux. Ou, le plus souvent et le moins spectaculaire, le simple fait de manquer à un âge où l’enfant n’y peut rien et comprend seulement que les adultes ont peur.

Ce qui se forme alors n’est pas une croyance sur l’argent. C’est une conviction corporelle sur la sécurité. L’enfant conclut que l’argent est ce qui sépare la famille de la catastrophe, et cette conviction ne se met pas à jour plus tard sous prétexte que le relevé bancaire a changé. Elle continue d’opérer, à pleine puissance, chez un homme de quarante-huit ans doté d’un portefeuille.

C’est cela, le traumatisme financier, et il produit deux schémas apparemment opposés qui sont la même blessure. L’accumulation compulsive, où aucune somme ne constitue jamais une sécurité. Et l’incapacité à garder l’argent, dépensé ou perdu presque aussi vite qu’il arrive, parce que le conserver produit une angoisse que la dépense soulage.

Les deux moitiés de la même personne

Il y a ici un lien qui mérite d’être explicité, car le même homme présente souvent les deux.

La capacité qui a bâti la fortune, cette obsession et cette compulsion qui lui ont permis de travailler plus que tout son entourage, fait l’objet d’un texte distinct sur la personnalité addictive. Ce que ce texte n’aborde pas, c’est ce qui se produit lorsqu’elle réussit.

L’argent arrive. Ce qu’il devait réparer n’est pas réparé. Et le seul outil dont cet homme ait jamais disposé face à un problème non résolu consiste à appliquer davantage de la capacité qui l’a mené jusque-là : donc plus de travail, plus d’accumulation, et une version plus vaste du même vide. La réussite n’est pas le remède à cette compulsion. Elle est cette compulsion, récompensée, et donc plus difficile encore à interroger.

C’est aussi pourquoi l’alcool, l’entraînement ou le comptage apparaissent si souvent au moment précis où une carrière devient sûre. Non pas malgré la réussite. À cause de ce que la réussite n’a pas apporté.

Quand cela mérite d’être pris au sérieux

Toute inquiétude à propos de l’argent n’est pas une affaire psychologique, et il faut le dire honnêtement. Lorsque la difficulté est réellement pratique, l’aide pertinente est financière et non thérapeutique.

Cela mérite attention lorsque la détresse est disproportionnée par rapport à la situation réelle. Lorsqu’elle ne répond pas à l’amélioration. Lorsque vous ne parvenez pas à dépenser pour quoi que ce soit qui vous ferait plaisir alors que vous en avez manifestement les moyens. Lorsque vous ne pouvez pas regarder vos comptes, ou ne pouvez pas cesser de les regarder. Lorsque la famille a appris à ne pas aborder le sujet. Lorsque la décision de rester dans un métier auquel vous ne croyez plus se reprend en silence, chaque année, depuis dix ans.

Et surtout lorsque vous avez constaté que le chiffre qui devait tout régler est arrivé, puis passé, sans rien régler.

Ce que la richesse remplace souvent

Voici la version que j’entends le plus souvent, et elle est rarement dite directement.

Pendant presque toute l’histoire humaine, la sécurité n’a pas signifié un solde bancaire. Elle signifiait des personnes. Une famille, un village, un métier, un groupe qui remarquerait votre absence et qui viendrait si quelque chose tournait mal. C’était la seule assurance qui existait, elle fonctionnait, et elle exigeait d’être connu.

L’argent propose la même promesse en supprimant la vulnérabilité. Avec assez d’argent, vous n’avez besoin de dépendre de personne, ni de demander, ni de risquer un refus, ni d’être assez connu de quiconque pour en être véritablement déçu. C’est exactement son attrait, et exactement la raison pour laquelle cela ne marche pas. Ce que l’on évite, à savoir dépendre des autres, est précisément ce qui aurait fourni la sécurité recherchée.

L’accumulation se poursuit donc, parce qu’elle tente d’atteindre par un chemin une destination que seul un autre chemin dessert. Aucune somme ne produit le sentiment d’être soutenu, car être soutenu n’est pas une somme.

Le test que je trouve le plus utile n’est pas le patrimoine. C’est celui-ci : si quelque chose tournait très mal ce soir, qui appelleriez-vous, et viendrait-il ? Non pas qui y porterait un intérêt professionnel. Qui arriverait. Un nombre significatif de personnes très fortunées ne peuvent pas répondre à cette question, et celles qui le peuvent sont généralement celles pour qui l’argent est réellement devenu simplement de l’argent.

Et si peu de gens savent y répondre pour une raison qui n’a rien à voir avec la fortune.

Nous vivons dans une culture où une personne peut décrire sa vie sexuelle à table sans gêne, en détail, devant des gens qu’elle connaît à peine. Cette même personne ne parvient pas à dire tu comptes pour moi, ou je serais perdu sans toi, à quelqu’un qu’elle connaît depuis trente ans. Nous avons rendu le physique dicible et laissé l’affectif indicible, et il vaut la peine de remarquer à quel point c’est étrange.

La raison n’est pas la pudeur. C’est l’exposition. La franchise sexuelle ne coûte presque rien aujourd’hui, car elle n’engage envers personne. Dire à quelqu’un qu’il compte pour vous est une déclaration qui peut être mal reçue, ou ne pas être rendue, et qui lui remet quelque chose dont il pourrait se servir plus tard. Elle exige d’avoir besoin de lui, à voix haute.

Cela reste donc tu. Ce qui signifie que les personnes qui viendraient effectivement, à trois heures du matin, n’ont jamais été informées qu’elles figuraient sur cette liste, et que vous n’avez jamais su si vous figuriez sur la leur. Le réseau qui constitue la sécurité réelle existe, parfois, mais il n’a jamais été rendu explicite, de sorte que personne ne peut s’y appuyer. Et un filet de sécurité sur lequel on ne s’appuie pas produit exactement cette insécurité flottante que l’on demande ensuite à l’argent de résoudre.

C’est la même structure que celle que j’observe dans les troubles alimentaires, et j’en ai écrit longuement ailleurs. Là, la privation de proximité est insupportable et innommable, alors la psyché la traduit en quelque chose de concret et doté d’une solution : la faim. La nourriture est disponible, ne demande la permission de personne, et ne peut pas vous refuser. L’argent fait le même travail dans une autre monnaie. Il est disponible, ne demande la permission de personne, et ne peut pas vous refuser. Les deux remplacent le fait d’être désiré, et les deux échouent pour la même raison. Le compte rendu complet de ce mécanisme se trouve dans La prison de la discipline et le food noise.

Ce que l’or remplaçait

La sortie est rarement aussi simple que de partir, et partir n’est rarement l’essentiel. La question plus profonde est celle que les alchimistes ont fini par affronter : que remplaçait l’or ? Quand le sens s’est retiré du travail et que toute la valeur d’une personne se libelle en P&L, la tâche est de retrouver un soi que le marché ne cote pas. Cela ne veut pas nécessairement dire quitter la finance. Cela veut dire trouver ce que l’argent était censé apporter et n’a jamais pu, et reconstruire une vie qui ne dépende pas, émotionnellement, du prochain chiffre.

C’est un travail de profondeur, et il se mène mieux en toute confidentialité, avec quelqu’un qui comprend à la fois le monde où vous évoluez et la psychologie qui le sous-tend. L’or véritable que cherchaient les alchimistes n’a jamais été dans le creuset. Il était en eux-mêmes.

Le Dr Philippe Jacquet est psychothérapeute agréé UKCP, analyste jungien et art-thérapeute agréé HCPC, avec vingt-cinq ans de pratique clinique. Son Doctorat de Pratique Professionnelle à l'Université d'Essex portait sur les troubles alimentaires masculins dans une perspective de psychologie analytique. Ces inscriptions sont vérifiables sur les registres publics.

Si quelque chose de tout cela vous parle et que vous souhaitez en discuter, vous pouvez me contacter ici.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'anxiété liée à l'argent ?

Une inquiétude persistante au sujet de l'argent qui ne se dissipe pas lorsque la situation financière s'améliore. Ce qui la distingue d'un souci financier réaliste, c'est qu'elle ne répond pas aux faits : le solde monte, l'inquiétude ne baisse pas. C'est cliniquement le signal utile, car il indique que l'angoisse est rattachée à autre chose qu'au chiffre.

Pourquoi des personnes fortunées s'inquiètent-elles encore pour l'argent ?

Parce que pour beaucoup, l'argent n'est pas d'abord de l'argent. Il en est venu à représenter la sécurité, la valeur personnelle, ou la preuve qu'une enfance est bien terminée. Rien de ce qui tient lieu de sécurité ne peut jamais suffire, et c'est pourquoi le montant qui devait tout régler ne règle rien, et pourquoi la cible se déplace chaque fois qu'on l'atteint.

Qu'est-ce qu'un traumatisme financier ?

L'effet psychologique durable d'une expérience précoce où l'argent signifiait le danger : une famille qui a tout perdu, l'entreprise d'un parent qui s'effondre, un foyer où l'argent était retenu ou servait à contrôler, ou simplement le fait de manquer à un âge où l'enfant n'y peut rien. Cela produit soit une accumulation compulsive, soit une incapacité à garder l'argent, et ce sont les deux faces de la même blessure.

Faut-il quitter la finance ?

Presque jamais, et ce n'est que rarement la vraie question. La plupart des personnes arrivent en pensant devoir choisir entre rester et être malheureux, ou partir et gagner moins. La question plus utile est de savoir ce que l'argent remplaçait, car c'est cela qui détermine si partir changerait quoi que ce soit.

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Dr Philippe Jacquet est psychothérapeute inscrit au registre UKCP, analyste jungien et art-thérapeute inscrit au registre HCPC, avec vingt-cinq ans de pratique clinique. Il travaille sur les troubles alimentaires, l'addiction, le trauma et les crises qui surviennent au milieu de la vie, en français et en anglais, à Londres et en ligne par visioconférence sécurisée. Sa recherche doctorale à l'université d'Essex portait sur les troubles alimentaires masculins dans une perspective d'analyse jungienne.