Troubles Alimentaires

Bigorexie (dysmorphie musculaire) : signes, causes et traitement

La bigorexie — cliniquement, la dysmorphie musculaire — est une préoccupation obsessionnelle de n’être jamais assez musclé. Classée comme une forme de trouble dysmorphique corporel, elle partage le même moteur que l’anorexie : la même relation obsessionnelle à l’image du corps, simplement inversée. Là où l’anorexie veut disparaître, la bigorexie veut grossir, se durcir, ne jamais laisser un gramme de graisse.

« Chez les hommes, je n’ai jamais vu beaucoup d’anorexie. Ce que je vois, c’est la bigorexie : des hommes qui ont la même préoccupation que les femmes — ils veulent être secs, ils ne veulent pas de graisse — mais au lieu de vouloir devenir très maigres, ils veulent devenir très grands. »

Philippe Jacquet

Le corps imaginaire

La bigorexie poursuit un corps qui n’existe pas — ce que j’appelle le corps imaginaire, le corps d’un jeune dieu, porté par le fantasme que « si j’avais le corps parfait, ma vie serait réglée ». La poursuite ne s’arrête jamais, parce que le problème n’a jamais vraiment été le corps. J’explore ce mécanisme en détail dans mon essai Corps numéro 2.

Signes de la bigorexie

Quelques signes qui font passer de la passion du sport au trouble :

  • s’entraîner de façon compulsive, même blessé, malade ou épuisé ;
  • vérifier sans cesse son reflet, se mesurer, se peser, se comparer ;
  • un régime rigide et envahissant (protéines, alimentation « clean »), avec une anxiété intense dès que la routine est rompue ;
  • éviter la plage, les vestiaires, l’intimité, toute situation où le corps se voit ;
  • recourir aux compléments, parfois aux stéroïdes anabolisants ;
  • une estime de soi entièrement suspendue à la masse musculaire.

Pourquoi elle est sous-diagnostiquée

S’entraîner dur et manger « proprement » est, dans la plupart des cultures occidentales, admiré. Le trouble se cache en plein jour : ce qui, chez une femme, alerterait, passe chez un homme pour de la discipline et du sérieux. Les hommes, par ailleurs, demandent de l’aide plus tard, et plus rarement.

Stéroïdes et compléments

La quête de la masse pousse parfois vers les stéroïdes anabolisants et un usage massif de compléments, avec des risques physiques et psychiques réels — humeur, dépendance, santé hormonale et cardiaque. Le recours à ces produits est souvent le signe que la préoccupation est devenue un trouble.

Le trouble alimentaire que les hommes présentent

Les troubles alimentaires chez les hommes sont systématiquement sous-reconnus. La dysmorphie musculaire est la présentation la plus fréquente chez les hommes en pratique clinique — et, sous la préoccupation du corps, on trouve presque toujours la même chose : une manière de gérer, ou d’éviter, l’émotion.

Traitement

Comme pour tout trouble alimentaire masculin, le travail est un continuum : desserrer d’abord l’emprise du comportement, comprendre ensuite ce que l’obsession du corps sert à contenir — l’émotion, le contrôle, l’estime de soi — et retrouver enfin une vie plus large que le miroir. Le Dr Jacquet reçoit pour la bigorexie et les troubles alimentaires masculins, à Londres et en ligne.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la bigorexie ? Une préoccupation obsessionnelle de n’être jamais assez musclé, forme de trouble dysmorphique corporel proche de l’anorexie, mais inversée.

Quels en sont les signes ? Entraînement compulsif même blessé, vérification constante du corps, régime rigide, évitement des situations où le corps se voit, parfois stéroïdes, estime de soi suspendue à la masse musculaire.

Comment la soigne-t-on ? En travaillant au-delà du comportement : comprendre ce que le corps sert à éviter, et rebâtir une vie qui ne se réduit pas au miroir.


Prendre rendez-vous avec le Dr Philippe Jacquet, psychothérapeute et analyste jungien, Londres et en ligne.

Philippe Jacquet est psychothérapeute et analyste jungien basé à Londres avec plus de 25 ans d'expérience clinique. En savoir plus sur ce service →