Boulimie
Le traitement de la boulimie passe avant tout par un travail sur l’image du corps, le rapport au poids et l’estime de soi.
Comprendre et traiter la boulimie
La boulimie est un trouble alimentaire cyclique : des épisodes de suralimentation succèdent à des conduites de purge destinées à éliminer les aliments ingérés et à prévenir toute prise de poids. Le cycle s’enclenche souvent à la faveur d’une difficulté ou d’un événement qui déclenche une envie irrépressible de manger.
Pendant la crise, la personne éprouve fréquemment une forme d’euphorie et d’apaisement, liée en grande partie aux effets chimiques des aliments sucrés, salés et très caloriques. Il n’est pas rare d’absorber près de 5 000 calories en moins d’une heure. Presque aussitôt s’installent la culpabilité, la honte, le dégoût de soi et une colère qui nourrissent une forte anxiété. La crise est alors généralement suivie de conduites compensatoires : recours aux laxatifs, vomissements provoqués, exercice physique excessif, restriction alimentaire obsédante.
Le cycle s’auto-entretient et fait courir, avec le temps, des risques sérieux pour la santé physique et psychique. Le traitement le plus efficace associe un travail sur les comportements et une compréhension de la dimension émotionnelle du trouble.
Changer les comportements en changeant le regard
L’un des axes essentiels du travail consiste à faire évoluer les représentations liées à l’image du corps, au poids et à l’estime de soi. Les personnes souffrant de boulimie portent souvent sur elles-mêmes un regard déformé, négatif et sévère, en particulier sur leur apparence physique. Elles peuvent se percevoir en surpoids alors que ce n’est pas le cas.
Le premier objectif est de comprendre ce qui déclenche cette envie incontrôlable de manger. Identifier ces déclencheurs, qu’il s’agisse du stress, d’un changement ou de l’anxiété face à certaines situations, permet de construire ensemble des stratégies d’adaptation plus saines et plus efficaces. Un accompagnement nutritionnel, portant sur des choix alimentaires équilibrés, peut être introduit à ce stade.
Un autre axe majeur concerne les comportements liés à l’apparence, à la perte de poids et à la construction d’un rapport plus réaliste au corps. En modifiant la façon dont la nourriture est perçue, il devient possible de transformer durablement les habitudes alimentaires.
La dimension émotionnelle
Tout au long de la thérapie, la personne est accompagnée, à son propre rythme, dans l’exploration des difficultés émotionnelles profondes qui nourrissent ce rapport négatif à soi. Pour beaucoup, le mécontentement de soi et le sentiment de ne pas maîtriser le cycle boulimique prennent racine dans des dynamiques familiales douloureuses, une dépression ou une anxiété non diagnostiquées, ou encore un vécu de solitude et d’isolement. Le travail peut alors inclure un accompagnement des relations aux autres et une prise en charge de la dépression ou de l’anxiété sous-jacentes.
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